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Préfecture :
Digne-les-Bains
Préfets :
Émile Babillot
(Avril 1936 - 09/1940) Préfet des Alpes-de-Haute-Provence, muté dans la Manche et révoqué avant sa prise de fonctions
Roger Dutruch
(21/09/1940 - 12/1941) Préfet des Alpes-de-Haute-Provence, muté en Lozère en 1941
Marcel Ribière
(1940 - 1943) Marcel Julien Henri Ribière, Préfet de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes, Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1892-1986)
M. Chavarin
(21/12/1941 - 22/12/1944) Préfet des Alpes-de-Haute-Provence, inspecteur général de l’Administration
Pierre Renouard
(22/12/1941 - 31/12/1942) Préfet des Alpes-de-Haute-Provence
Marcel Delpeyrou
(31/12/1942 - 04/02/1944) Préfet des Alpes-de-Haute-Provence
(Mai 1943 - Mai 1944) Marie Joseph Jean Chaigneau, Préfet de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse). Arrêté en mai 1944 par les Allemands, il est déporté au camp d'Eisenberg
Eugène Touze
(04/02/1944 - 05/09/1944) Préfet des Alpes-de-Haute-Provence. Révoqué à la Libération
Raymond Aubrac
(1944 - 1945) Raymond Aubrac, de son vrai nom Raymond Samuel, Commissaire de la République de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1914)
Jean Baylot
(22/08/1944 - 04/01/1946) Préfet des Basses-Alpes.
(27/03/1897 à Pau - 03/02/1976 à Paris 20e)
Édouard Orliac
(05/09/1944 - 30/04/1946) Préfet des Alpes-de-Haute-Provence
Paul Haag
(1945 - 1946) Paul Maurice Louis Haag, Commissaire de la République de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1891-1976)
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Département des Alpes-de-Haute-Provence en 1939-1945
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La préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains
source photo : www.fdpi.eu
crédit photo : Drômois |
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La sous-préfecture de Forcalquier
source photo : www.fdpi.eu
crédit photo : Le07moijytiens |
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La sous-préfecture de Castellane
source photo : www.fdpi.eu
crédit photo : Le07moijytiens |
Histoire
La drôle de guerre
Après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, le 1er septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939.
520 000 français sont évacués des zones frontalières comprises entre la ligne Maginot et l’Allemagne.
L'Allemagne nazie envahit la France, la Belgique, le Luxembourg, pourtant neutre, et les Pays-Bas le 10 mai 1940.
Le gouvernement désemparé se replie de Paris à Bordeaux dès le 11 juin.
La France est envahie. C’est l’exode vers le sud.
05/07/2012
Lien :
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L'Occupation et la collaboration
Le maréchal Pétain forme alors un nouveau gouvernement et obtiendra les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940. La République est abolie.
Le 14 juin 1940, les troupes allemandes défilent à Paris, sur les Champs-Élysées. Le 20 ils sont à Brest, le 22 à La Rochelle, à Lyon...
Le 22 juin 1940, la France écrasée signe l'Armistice.
Les Allemands mettent en place toute une série de mesures pour limiter sur le territoire la circulation des personnes et des marchandises et le trafic postal entre deux grandes zones délimitées par la ligne de démarcation qui sépare la zone libre où s’exerce l’autorité du gouvernement de Vichy, de la zone occupée par les Allemands.
La ligne de démarcation traverse treize départements sur 1 200 km : Ain, Allier, Charente, Cher, Dordogne, Gironde, Indre-et-Loire, Jura, Landes, Loir-et-Cher, Pyrénées-Atlantiques, Saône-et-Loire, Vienne.
La Demarkationsline disparaîtra le 11 novembre 1942, après l’occupation totale de la France.
02/10/2010
[Compléter l'article]
Les Juifs dans les Alpes-de-Haute-Provence
Alors que les Juifs d'Europe sont contraints à l'exil, ils se trouvent confrontés à des politique le plus généralement restrictives et accueiillis en France dans des camps ouverts dès 1938 pour "étrangers indésirables".
En juillet 1938 se tient à Evian une conférence internationale sur la question des réfugiés, qui se révèle incapable de trouver une solution d’accueil, et reconnaît même à l’Allemagne le droit de traiter ses ressortissants comme elle l’entend.
A la veille de la guerre, la situation des Juifs est résumée par une formule de Haïm Weizmann, citée par Georges Bensoussan : "Le monde semble être divisé en deux parties: les endroits où les Juifs ne peuvent pas vivre et ceux où ils ne peuvent pas entrer."
Avec 300 000 Juifs en 1939, dont deux tiers vivaient à Paris, la France comptait la plus grande communauté d’Europe occidentale.
Elle représentait toutefois moins de 1% de la population et seule la moitié possédait la nationalité française.
Des hommes, des femmes, des enfants, des familles, français ou étrangers, vont être pourchassés et persécutés parce que Juifs. Ils seront massivement déportés vers l'Est et exterminés. Très peu survivront.
Le 15 septembre 1941, le bureau de la police générale de la préfecture recense 152 juifs français et 83 juifs étrangers dans le département. En janvier et février 1942, les juifs étrangers ou naturalisés en France depuis le 1er janvier 1932 sont recensés en vue de les regrouper dans les compagnies de travailleurs étrangers ou dans les centres spéciaux.
Les listes nominatives, établies secrètement et régulièrement réactualisés, seront utilisés par l’Administration française pour procéder aux arrestations de 1942 puis par la puissance occupante allemande à partir de novembre 1943.
Les rafles 1942-1944
La première rafle des Juifs étrangers dans les Basses-Alpes, préparée par la préfecture, avec le concours des sous- préfets, est menée le 26 août 1942 à minuit, par les forces de police et de gendarmerie. Elle concerne essentiellement les juifs allemands, autrichiens, dantzicois, sarrois, soviétiques et russes, qui forment les catégories "déportables".
Les Italiens, qui occupent le département à partir du 11 novembre 1942, feront preuve de modération et tenteront même de soustraire les juifs aux Allemands.
A partir de novembre 1943, tous les Juifs sont visés et les Allemands multiplient les rafles dans le département, bénéficiant de l'aide de Français et de milicien.
Selon Jacqueline Ribot-Sarfati, 307 juifs (164 hommes, 105 femmes, 38 enfants) auront été au total déportés :
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42 en 1942
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120 en 1943
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145 de janvier à mai 1944.
Selon Thérèse Dumont, de l'association "Basses-Alpes 39-45", plus de 600 personnes ont été déportées à partir de 91 communes du département au cours de la guerre 1939-1945.
Le 26 août 1942, 56 Juifs seront arrêtés dans le département.
17 Juifs sont arrêtés le 26 août 1942 à partir de 0 h 15 à Forcalquier et 3 Juifs sont arrêtés à Dauphin, par la brigade de gendarmerie, le commissaire Sagnières, des Renseignements Généraux de Digne et 6 militaires de la brigade motorisée de Manosque. Ils sont dirigés à la caserne Auvard à Nice.
Selon Basses-Alpes 39-451, dans le département des Basses-Alpes la Shoah se traduit par l'arrestation de 341 personnes dont les identités sont certaines. Ces arrestations ont eu lieu du 26 août 1942 au 31 juillet 1944, effectuées par la police et la gendarmerie françaises et, à partir du printemps 1944, par la Gestapo aidée par des français à sa solde.
Arrestations :
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Manosque : 10
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Gréoux : 12
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Barrème : 15
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Castellane : 17
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Sisteron : 22
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Barcelonnette : 26
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Digne : 34
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Les-Mées/St-Auban : 45
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Forcalquier : 46
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Reillanne : 56
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Vallée du Verdon : 58
Près de 76 000 Juifs dont plus de 11 000 enfants seront arrêtés et déportés de France, dont 38 000 à Paris.
23/12/2021
[Compléter l'article]
Les proscrits du régime
Les Tsiganes
Les Tsiganes sont internés dans les camps français.
Les Franc-maçons
Les Franc-maçons sont démis de leurs fonctions au sein de l'administration.
Les communistes
Les Communistes, considérés comme "indésirables" sont pourchassés, arrêtés et internés.
Dès la fin du mois de septembre 1939, les militants communistes qui soutiennent le pacte germano-soviétique sont limogés ou arrêtés. Les responsables syndicaux sont menacés.
Les réfractaires au STO
A partir de 1943, les réfractaires du STO entrent dans la clandestinité. Certains rejoignent les résistants également pourchassés.
les premiers déportés des Basses-Alpes sont les jeunes réfractaires de la région de Banon et des habitants qui leur venaient en aide. Ils seront déportés à Mauthausen (Autriche). Plusieurs ne reviendront pas.
02/10/2010
[Compléter l'article]
La résistance et la répression
C'est le 3 septembre 1943 que Gustave Lefebvre, originaire du Pas-de-Calais, est tué à Manosque par le chef local de la Milice. Membre de l'A.S. (Armée Secrète), directement sous les ordres de Martin-Bret, Lefebvre avait combattu aux côtés des Républicains espagnols dans les Brigades Internationales. C'est le premier mort de la Résistance bas-alpine.
L'un des derniers la décapita un mois avant la Libération du département.
A Digne, en janvier 1944, Sigismond Moszkowski, professeur révoqué, grand mutilé de la guerre 14-18, est arrêté pour sabotage et, bien que n'étant pas juif, est mis dans un convoi pour Auschwitz où il disparait.
Pendant six mois les déportations de résistants vont s'intensifier comme les maquisards pris au combat à Lambruisse et le gendarme Charles Vial de la brigade de Saint-André qui était leur instructeur.
Imbert, de Chasteuil, disparaitra en Baie de Lûbeck (bombardement allié).
Henri Chaumeton, de Manosque, reviendra après avoir connu les camps de Dachau, Auschwitz, Mauthausen.
Vinay Laurent, de Larche, connaîtra les camps de Buchenwald, Dora, Bergen-Belsen.
Burle, le maire de Sourribes qui aidait les résistants disparaît à Neuengamme.
Uni, Benoit, Dolidier, internés à la Citadelle de Sisteron, considérés par le chef de centre comme "meneurs" sont déportés.
Autres déportés prélevés dans les camps français où ils été internés depuis 1940 Giraud de St-Maime et François Béraud, conseiller général de Barrème, mort d'épuisement à Buchenwald.
Le Dr Fallik, arrêté avec une dizaine d'autres stagiaires de l'école M.U.R. de Draix, disparait avec tous les déportés juifs du convoi 73 (Pays Baltes).
Deux jeunes militaires de carrière du maquis Fort-de-France à Barrème, Lesdos et Raux, ne reviendront pas de déportation.
Cecily Lefort, agent de liaison de Francis Cammaerts (SOE) disparaitra à Ravensbruck.
Ce ne sont là que quelques exemples pris dans la longue liste des déportés, bas-alpins ou non, résistants arrêtés dans le département, en mission, dans des embuscades, des combats ou pour aide à la Résistance.
Le 16 juillet 1944 à Oraison des "Brandebourg", supplétifs de la Wehrmacht se faisant passer pour des maquisards, arrêtent 18 résistants dont onze sont fusillés deux jours plus tard dans un bois à Signes (Var) après être passés par le sinistre siège de la Gestapo à Marseille. Parmi eux les 6 membres du C.D.L. (Comité Départemental de Libération clandestin ) qui s'étaient engagés dans la Résistance depuis longtemps et tombaient aux mains de l'ennemi à la veille de la Libération : Louis Martin-Bret, Marcel André, François Cuzin, Maurice Favier, Emile Latil, Jean Piquemal ainsi que Roger Chaudon, les Docteurs Daumas et Dulcy, Terce Rossi et Robert Salom.
Ce drame est dû à la trahison d'un officier français envoyé en Provence comme instructeur par la France Libre, trahison dévoilée par un rapport de la Gestapo trouvé à Marseille à la Libération et qui eut aussi des conséquences dramatiques dans les départements voisins
En 1944, en réaction aux embuscades et opérations de la Résistance, les troupes allemandes mènent des attaques de plus en plus meurtrières contre les maquis et lors de barrages et contrôles ; soit plus de 200 résistants tués : à La Braisse, Lambruisse, Forcalquier, St-Julien-du-Verdon, Allemagne-en-Provence, St-Martin-de- Bromes, Valensole, secteur de l'Ubaye, Bayons, La Favière, Ste-Croix- du-Verdon...
Malheureusement il faut ajouter à la longue liste de près de 300 noms de résistants ceux des victimes des bombardements alliés de Forcalquier, Digne et Sisteron.
02/10/2010
Lien : Basses-Alpes 39-45
[Compléter l'article]
Résistances
Dans le département des Basses-Alpes, qui n'est cependant pas directement placé sous l'autorité de l'occupant, divers foyers potentiels de résistance se dessinent. Avec la mise en place localement de nouveaux camps d'internement pour ceux devenus soudain "indésirables" la méfiance du gouvernement de Vichy envers les citoyens et élus de gauche se précise. Sont révoqués des élus issus généralement du Front Populaire , des employés municipaux et des fonctionnaires. Par exemple le maire d'Oraison, conseiller général, est révoqué à la suite d'une altercation avec le commandant du camp d'internement pour "indésirables" politiques installé dans cette localité. L'esprit de résistance est perceptible aussi chez les lorrains et les alsaciens expulsés de chez eux pour refus de leur germanisation, et chez des jeunes luxembourgeois. Il en est de même chez les recrues des Chantiers ruraux en majorité des fonctionnaires révoqués, comme l'instituteur Georges Alziari que nous retrouverons plus tard parmi les responsables de la Résistance. A Manosque et à l'usine de St-Auban apparaissent les premiers tracts clandestins et les graffitis d'inspirations diverse dont le premier est : "Pour que vive la France Vive l'Angleterre".
En 1941, en vacances à Beauvezer, un jeune hisse un fanion à croix de Lorraine sur le monument aux morts. A Digne la coiffeuse Simone Pellissier, aidée de quelques jeunes, distribue les journaux clandestins du mouvement Combat qui lui parviennent de Marseille.
En 1942, le 2 mai, elle est arrêtée pour avoir déposé la veille une gerbe au monument aux morts de Digne. En novembre, à l'initiative de Louis Martin-Bret de Manosque, conseiller général révoqué, responsable départemental du mouvement Combat qui ne va pas tarder à se structurer, ont lieu à Digne les premiers attentats: contre la façade du journal collaborateur "L'eclaireur" et celle du service de placement allemand de la main-d'oeuvre pour l'Allemagne. Chez les militaires à Digne, à la suite à la dissolution en novembre de l'armée d'armistice, le commandant Chaumont officier du 20ème B.C.A. recrute pour l'O.R.A., Organisation de Résistance de l'Armée, qui sera l'un des trois mouvements de Résistance importants dans le département.
Les principaux mouvements sont l'AS (Armée Secrète), les FTP (Francs-Tireurs et Partisans) et l'ORA (Organisation de Résistance de l'Armée).
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l'AS est issue du mouvement Combat créé en 1940 par Frenay à Marseille. Le manosquin Louis Martin-Bret en est incontestablement le créateur et l'animateur dans les Basses-Alpes où il met en place les premiers maquis. Une structure à vocation armée, les Groupes Francs, est prise en main par Jean Vial, colonel de réserve.
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les FTP sont mis en place par Georges Alziari, de Vence, qui a trouvé un travail à Digne, par Georges Bonnaire, de Nice, futur colonel Noël des FFI et Joseph Laurenti, venu aussi des Alpes-Maritimes car le parti communiste, qui crée ce mouvement, n'a plus de cadres depuis 1940 dans les Basses-Alpes.
Ces deux mouvements AS et FTP s'implanteront solidement dans le département.
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l'ORA est créée par le Général Frère (qui sera assassiné au camp du Struthof) puis par le colonel Zeller et le général Verneau (qui mourra aussi en déportation). Le mouvement recrute naturellement parmi les militaires, l'armée d'armistice étant dissoute en novembre 1942. Ce mouvement qui se veut apolitique se prépare pour le jour J. Il s'implante dans la vallée de l'Ubaye sous les ordres du commandant Bureau et du capitaine Lecuyer.
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à Digne un petit groupe de résistants "travaille" pour les FTP, l'ORA et le mouvement Résistance-Fer.
Le NAP (Noyautage des Administrations Publiques) est né à Lyon. Claude Bourdet l'élargira aux services des préfectures, police, ravitaillement, PTT, SNCF, etc... avec l'accord de Jean Moulin. Le mouvement deviendra national avec le noyautage des ministères à Paris et à Vichy. Dans le département des Basses-Alpes le responsable du NAP était Jean Piquemal, secondé par Raymond Savary et Joseph Fontaine.
Les étrangers dans la résistance
Dans le département des Basses-Alpes les étrangers sont également nombreux dans la Résistance. On les trouve dans la plupart des réseaux, les plus nombreux étant chez les FTP. Quelques exemples:
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Espagnols, intégrés dans la population française ou réfugiés de la guerre d'Espagne (Lopez)
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Italiens, naturalisés, nés en France ou déserteurs de l'armée italienne d'occupation (Del Vicario)
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Polonais, par exemple évadés d'un camp d'internement (Zyngerman)
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Anglais: en mission (Cammaerts)
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Maquisards comme l'arménien Aharounian, l'autrichien Munck, le belge Libbens, le grec Argenti, le hongrois Sweiger, le luxembourgeois Hoffman, le roumain Fang, le russe Nowak, le sarrois Schneider, le yougoslave Beck...
Les femmes dans la résistance
Dès 1940 puis en 1941 des journaux clandestins du Mouvement Combat sont distribués par la coiffeuse Simone Pellissier à Digne, qui les reçoit de Marseille par l'intermédiaire de Mme Baudoin dont le fils est étudiant à Marseille. Puis tout naturellement les femmes trouvent leur place dans la Résistance au sein des divers mouvements et réseaux du département. Ce sont par exemple des jeunes filles qui, en vélo, font la liaison entre les états-majors et les maquis perdus dans la nature. A la S.A.P. (parachutages) on en trouve presque dans toutes les équipes. Les dactylos sont aussi très recherchées pour taper tracts et presse clandestine, comme Denise arrêtée en mission à Oraison le 16 juillet 1944.
Etaient également précieuses les agents de renseignement comme Lucrèce et les infirmières recrutées pour les hôpitaux de campagne comme Geneviève Fang et Jacqueline Hofman (née le 03/03/1915 à Gagny) ou les religieuses qui mettaient des lits à la disposition des blessés, comme les Soeurs de la Sainte-Enfance à Digne ou celles de l'hôpital de Banon. A Sainte-Tulle les épouses des frères Amoureux transportaient des armes tandis que d'autres faisaient le coup de feu comme Paulette chez les FTP.
Et il y eut toutes celles qui ne furent jamais dénombrées, à la campagne comme dans les villes, qui n'hésitèrent pas, elles aussi au péril de leur vie, à accueillir sous leur toit blessés et hommes traqués, comme la mémé Laurens à Estoublon et Mme Faure près de Barrème. Et combien d'autres !
11/02/2013
Source : Basses-Alpes 39-45
Lien : Basses-Alpes 39-45
[Compléter l'article]
Toutes les communes des Alpes-de-Haute-Provence
Les camps et les lieux d'internement des Alpes-de-Haute-Provence
19e CTE Vergons 06260 La Rochette
213e-702e GTE Les Mées 04190 Les Mées
89e CTE Barcelonnette 04400 Barcelonnette
92e CTE de la Vallée de l'Ubaye 04340 Le Lauzet
Camp d'Oraison 04700 Oraison
Camp de Bras-d'Asse 04270 Bras-d'Asse
Camp de Chaudame 04120 Castellane
Camp de Fontbelle 05160 Pontis
Camp de Gréoux 04800 Gréoux-les-Bains
Camp de La Bégude 04270 Bras-d'Asse
Camp de Reillanne 04110 Reillanne
Camp de Volx 04130 Volx
Camp du Chaffaut 04510 Le Chaffaut
Centre de Forcalquier 04300 Forcalquier
Centre de Manosque 04100 Manosque
Citadelle de Sisteron 04200 Sisteron
Le Fémina Casino-Variétés 04100 Manosque
Les lieux de sauvetage des Alpes-de-Haute-Provence
Auberge du Fanget
4140 Auzet
Couvent des Minimes
4300 Mane
Mas-des-Près
4110 Reillanne
Les 23 Justes parmi les Nations des Alpes-de-Haute-Provence
9 Familles hébergées, cachées ou sauvées des Alpes-de-Haute-Provence[Compléter]
Auzet
1942 - 1943 Famille Allouche -
Gilbert et Maxime Allouche, enfants juifs, sont cachés à l'auberge du Fanget.
1942 - 1943 Famille Gelbert -
François Gelbert, enfant juif, est caché à l'auberge du Fanget.
1943 - 1943 Famille Zabronski -
En 1943, Armand* et Simone Isoard* acceptent d'héberger Marcel Zabronski pour l'été, tandis que son épouse Josette, née en Pologne, et la petite Liliane née à Lyon âgée de 4 ans, sont accueillies chez Joseph Isoard*, agriculteur, et son épouse Julie*, institutrice, qui habitaient avec leur fille Edmée, âgée de 17 ans, s'occupe de la petite fille juive lorsque ses parents sont absents.
Famille Zabrowski -
La famille Zabrowski fut cachée dans le village d'Auzet.
Reillanne
Roumoules
01/01/1943 - 31/12/1944 Famille CYMER -
Je m'appelle Pascal CYMER, je suis né en 1963, et j'habite Paris 12ème.
Ma famille (grands parents:Chlawna 1900/1953 et Sura 1897/1970, mon père: Abel 1927/2009, sa soeur: Suzanne 1922/2012 et deux de ses frères: David 1928/dcd et Roger 1936/dcd) ont été hébergés à Roumoules pendant la période 1943/1944 (je ne dispose pas des dates exactes). Ma famille est arrivée à Marseille en 1941. Je pense qu'elle a quitté la ville après avoir échappé à la rafle de janvier 1943. Je n'ai, malheureusement, aucune information sur les circonstances de leur "évasion". Mon oncle Max, né en 1924, a pu trouver refuge en Suisse.
La présence de ma famille à Roumoules m'a été confirmée par Monsieur le Maire en mars 2012. Au moins deux autres familles ont été hébergées à Roumoules.L'une d'entre elles se nommait WEIS et habitait chez Monsieur Auguste AMIEL. Ma famille habitait chez Monsieur PERRIN et Madame CHABOT au 16 rue de Villeneuve. Mon père a travaillé comme bûcheron chez Monsieur ZUNINO.
Je tiens à remercier chaleureusement la commune de Roumoules et ses habitants pour ce qu'ils ont fait pendant cette période.
Seyne
01/07/1942 - 10/06/1944 Famille Silberstein -
Ceci est extrait de la biographie de mon père. Les dates 42-43 sont à vérifier, préciser. Je fais encore des recherches
Nous descendons vers la Durance pour remonter sur l’autre versant. Il continue à faire très froid, la neige recouvre le sol de cinquante centimètres environ. Subitement nous comprenons que nos parents demandent au chauffeur de s’arrêter. Ils nous emmènent, nous, les enfants, à l’écart derrière le véhicule pour aller soi-disant faire pipi. En réalité ils nous imposent d’être extrêmement attentifs: « Dorénavant vous n’êtes plus Silberstein : vous êtes Servais ! Voici vos nouvelles cartes d’identité ». Ils nous précisent que les initiales des noms et prénoms ne changent pas. Ils nous disent que nous venons d’un village, Rethel, dans les Vosges, rasé par les bombardements. Il n’y a plus d’archives d’état-civil, elles ont été détruites, et ça, il n’y a que les réseaux qui peuvent le savoir. Pour ce qui me concerne, j’étais totalement conscient de la situation.
Et nous voilà arrivés à Seyne-les-Alpes où nous retrouvons monsieur Trottabas, le fils des hôteliers où, avant la guerre, nous avons passé des vacances. Mes parents eux, partent à Verdaches où nous était réservé le premier étage d’une toute petite maison dans un minuscule hameau à trois ou quatre kilomètre au-dessus, dans la vallée de Verdaches appartenant à monsieur Lombard. Complètement isolé. Le maire du patelin nous attendait et nous a remis les cartes de rationnement, absolument indispensables en ces temps de disette, établies à notre nouveau patronyme. Sans elles, impossible de survivre. Qui d’autre que monsieur Trottabas pouvait être à la base et à l’initiative de cette filière, de ce réseau ?? En face de notre maison logeait une fermière qui boitait. Petit garçon, Jacques a toujours été intrigué par ses absences plus ou moins longues. Il a su, plus tard, qu’elle se rendait au maquis situé un peu plus haut dans la montagne.
Il est directeur du collège-internat où Jacques et moi seront en pension dans la classe de sixième puis de cinquième. Aucun problème d’adaptation. J’ai tout compris. Je n’ai jamais eu ni peur ni appréhension pendant toute cette période. Je peux même dire qu’à part la faim, j’ai toujours été heureux ! Inconscient ? Je ne le pense pas. Les enseignants ne nous font pas faire de gym, l’hiver, mais du ski. Nous partons, à pied, du collège, en galoches. Nous sautons avec nos skis en frêne équipés de ressort et d’attaches en cuir sur un tremplin que nous avons construit. J’y fume ma première cigarette. Je suis en effet copain avec le fils du cordonnier et je l’emmerde jusqu’au jour où il me donne enfin une Gauloise, ma première cigarette. Je l’ai fumée au milieu de la piste de ski. Elle était bonne ! J’ai encore le goût dans la bouche ! Le fils du commandant de gendarmerie fréquentait, lui aussi le collège. Au bout de la route Digne-Seyne-Gap, il y avait un pont dénommé Le pont rouge que les troupes allemandes n’ont jamais pu franchir. J’en ai su, plus tard, la raison : le commandant Maurel faisait partie des réseaux de
Ubraye
1944 - 1944 Famille Moussafir -
En février 1944, André Martin*, gendarme, prévenu d'une rafle imminente des juifs d'Annot, accompagne Jacques et Mathilde Moussafir et Claude et Jean en voiture jusqu’à Ubraye pour les mettre à l'abri. Ils vont y rester 15 jours avant de retourner à Annot.
Verdaches
01/07/1942 - 10/06/1944
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