Iser, leur père, né le 12 décembre 1901 à Drohiczyn, le père avait immigré en France au milieu des années 1920 pour étudier à l'Université de Caen. Bien qu'il ait été formé comme rabbin, il lui a fallu étudier les mathématiques et suivre des études d’ingénieur en mécanique. Avant la guerre, il était le chef mécanicien dans une usine de fabrication de camions. Sara, son épouse, née à Brest-Litovsk le 18 décembre 1906, vint à Paris à la fin des années 1920 pour étudier l’artisanat des chapeaux et des corsets. Sara et Iser se sont mariés en 1930.
Avant la guerre, la famille vivait à Colombes, en banlieue parisienne. Denise était inscrite en primaire à l'école des Filles.
Bien que les parents s’expriment couramment en Français, ils parlaient yiddish entre eux.
Le 10 mai 1940, l'Allemagne a envahi la France et presque exactement un an plus tard, le 14 mai 1941, Iser Bystryn est arrêté lors des premières rafles des Juifs étrangers et emmené au camp de Beaune-la-Rolande.
Denise, Jean-Claude et leur mère Sara restent à Colombes et se rendent au camp de Beaune-la-Rolande une fois par mois pour y voir Iser. Sara communiquait avec son mari par courrier, paquets et lui envoie un plan d'évasion dissimulé dans un gâteau. Sara tente de convaincre son mari de fuir mais il se montre tout d'abord réticent…
Un jour, des policiers français viennent à l’appartement de Colombes et lui conseille de partir. Sara comprend qu’Iser s’est évadé du camp de Beaune-la-Rolande et prend la fuite la nuit-même avec ses enfants.
Ils arrivent à rejoindre le Lot puis s'installent à Cahors. Iser les y rejoindra.
Iser qui a un ulcère est hospitalisé pendant six semaines. Le médecin qui le soigne, résistant, sachant que son patient est Juif, le garde à l'hôpital plus longtemps que nécessaire pour le protéger et prend des dispositions pour que Denise et Jean-Claude soient placés dans un couvent. Yvonne Féraud*, alors âgée de 19 ans, est enseignante à l'Institution Sainte-Jeanne d'Arc de Cahors.
Elle fait admettre par la Supérieure, Lucie Nonorgues* (Sœur Émilia), Denise Bystryn et Jean-Claude
Denise Bystryn, qui a 10 ans, restera au couvent jusqu'en avril 1944 sous son vrai nom de Bystryn (sans que jamais les religieuses ne cherchent à la convertir). Jean-Claude, qui a quatre ans à l'époque, ne peut passer la nuit dans ce couvent parce que c'est un garçon et est alors placé en famille.
En 1943, Jean-Claude est placé à Escamps, chez Alfred* et Louise Aymard* où il reste à l’abri jusqu’à la fin de la guerre. Denise est envoyée à Palaminy-sur-Cazères chez Gabriel* et Maria Féraud*
Tous ont survécu à la guerre. Iser s’est caché d’endroits en endroits, jusqu’à se fixer dans une ferme où il fabriqua de faux papiers pour des Juifs persécutés. Sara connut elle aussi une vie un peu nomade, y compris dans les bois.
Après la guerre, la famille reconstituée émigra vers les États-Unis en 1949. Denise décrocha un Doctorat en médecine de l’Université de Colombia et épousé en 1956 Éric Kandel, futur prix Nobel de médecine en 2000.
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Yvonne Féraud Jean-Claude Bystryn(Frère de Denise Bystryn) Denise Bystryn Kandel(Sœur de Jean-Claude Bystryn)
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