Profession: Commissaire de police à Toulouse Qualité: Résistant au sein du réseau Alliance Date de naissance: 14/11/1905 Date de décès: 01/03/1944 (Karlsruhe (Allemagne))
Jean Philipe*, né le 14 novembre 1905 à Lyon, commissaire de police depuis 1937, est affecté à Lourdes. En 1940, il adhère au réseai belge Sabot, travaillant aussi pour un réseau Polonais et pour le 2e Bureau.
En 1941, il s'engage dans le réseau Alliance, dirigé par Marie-Madeleine Fourcade.
Jean Philippe* dirige le réseau pour les sept départements du Sud-Ouest. Il participe au sauvetage de nombreux Juifs et en intègre dans son réseau.
Fin 1942, il est nommé commissaire de police pour le 7e arrondissement de Toulouse.
Il aide la résistance en Haute-Garonne, en les prévenant des arrestations prévues et fourni des faux papiers à des Juifs.
Il refuse en janvier 1943 de remettre aux Allemands la liste des Juifs de son quartier, refus accompagné d’une lettre de démission.
Découvert suite à l’imprudence d’un de ses collègues complice, il est arrêté par la Gestapo le 28 janvier 1943, torturé, puis emprisonné à Karlsruhe en Allemagne, il est exécuté le 1er mars 1944 avec 14 membres de son réseau réseau, allant à la fusillade un tissu rouge à l’emplacement du cœur et chantant la Marseillaise.
Une rue de Toulouse porte son nom. Sa femme, qui l’assistait, fut arrêtée avec lui et déportée (elle en revint), alors qu’ils venaient d’adopter une petite fille. Jean Philippe a été homologué dans le grade de capitaine, et décoré à titre posthume de la Légion d’Honneur et de la Médaille de la Résistance.
Lucien David Fayman était membre de la Sixième, réseau de résistance des Éclaireurs israélites de France (cache d'enfants) et du réseau Buckmaster (parachutage d'armes et attentats contre l'occupant nazi). Il sera arrêté par la Gestapo à Toulouse, torturé, emprisonné à Fresnes puis à Compiègne. Déporté à Buchenwald, Dora, Hartzungen jusqu'à la libération. Lucien David Fayman, attestera après la guerre que Jean Philipe* a fournit des faux papiers pour les jeunes Juifs de la Sixième ce qui leur permit de se cacher en France ou de passer en Suisse.
Son nom a été donné à la 9ème promotion de l'école nationale supérieure de police.
Jean Philippe* commissaire de police en poste du 7e arrondissement de Toulouse, s'engage sous l'alias de "Basset" dans Alliance et en devient en 1942 le dirigeant pour les sept départements du Sud-Ouest, participant notamment au sauvetage de plusieurs juifs. En janvier 1943, après l'occupation par les allemands de la zone libre, il est sollicité par les autorités de Vichy afin d'établir la liste des juifs de l'arrondissement dont il a la charge: ne voulant pas obéir à un tel ordre, il démissionne de son poste et rentre dans la clandestinité.
Il informe de sa décision son chef de réseau, Marie-Madeleine Fourcade, alias Hérisson, qui en fera le récit suivant :
"Je travaillais à un plan de recherche résultant des derniers questionnaires anglais, lorsque Pie, qui tambourinait à la fenêtre, me sortit brutalement de mes cogitations.
- Regardez ce qui arrive, dit-il.
Je regardai et frissonnai de terreur. Une voiture de police se rangeait le long du perron. En descendait un commissaire en grande tenue encadré de deux solides gaillards. Alors que je croyais déjà entendre "Au nom de la loi...", le commissaire cria :
- Ouvrez! Ici "Basset".
C'est un piège, pensions-nous devant l'incongruité de la visite.
- Je le reconnais, dit Pie. Et il courut ouvrir.
- Pardonnez-moi de vous importuner, madame, dit le commissaire Jean Philippe*, s'apercevant à ma pâleur que j'avais failli tourner de l'œil. Je voulais que ma dernière mission, dans l'uniforme de mes fonctions, soit pour vous présenter mes hommages.
Recouvrant péniblement mon sang-froid, je le fis assoir au coin du fourneau, l'endroit le plus confortable de la maison, pendant que ses gardes du corps bavardaient avec Pie.
- Vous allez tous finir par me coller l'infarctus, dis-je encore sous le choc.
- Encore pardon, madame, mais c'est à vous que j'ai pensé tout de suite.
- Que vous est-il arrivé, Basset ?
- A moi rien, mais ce matin est arrivé une circulaire qui nous ordonne de traquer les Juifs et de les livrer à l'ennemi. Jusqu'à présent, j'avais considéré que mes fonctions de commissaire de police étaient compatibles avec mon activité clandestine; non seulement compatibles, mais utiles. J'avais réalisé le tour de force de n'arrêter aucun compatriote depuis 1940. Maintenant je vais être soumis à une contrainte de tous les minutes. Je viens donc vous demander la permission et l'honneur d'entrer dans la clandestinité. J'estime trop mon uniforme pour la souiller."1
Jean Philippe* a l'intention de poursuivre son action dans la Résistance en continuant à animer ses agents dans la clandestinité.
Il sera arrêté à à Beaumont-de-Lomagne et fusillé par les Allemands le 1er avril 1944 à Karlsruh.
Philippe explique sa grave décision dans un courrier qu'il adresse le 15 janvier 1943 à son supérieur hiérarchique, le commissaire central de Toulouse. Cette lettre, courageuse et lucide, peut être considérée comme un des grands textes de la Résistance. Elle est conservée aux Archives Départementales de la Haute-Garonne.
"J'ai le regret de vous rendre compte de ce que la politique actuellement suivie par notre gouvernement n'étant pas conforme à mon idéal, je ne saurais désormais servir avec fidélité. Je refuse - et sous mon entière responsabilité - de persécuter des israélites qui, à mon avis, ont droit au bonheur et à la vie, aussi bien que M. Laval lui-même. Je refuse d'arracher, par la force, des ouvriers français à leur famille : j'estime qu'il ne nous appartient pas de déporter nos compatriotes et que tout Français qui se rend complice de cette infamie, se nommerait-il Philippe Pétain, agit en traître. Je connais l'exacte signification des mots que j'emploie. En conséquence, Monsieur le Commissaire Central, j'ai l'honneur de vous informer de ce que, par le même courrier, ma démission est transmise à Monsieur l'Intendant Régional de Police. Permettez-moi de vous exprimer ma gratitude pour l'extrême bienveillance dont vous fîtes toujours preuve à mon égard et veuillez agréer l'expression de mon respectueux dévouement.
Signé : Philippe, ex-commissaire du 7e arrondissement".2
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Jean Philippe Lucien David Fayman(Totem : Hibou Tenace)
Chronologie[Ajouter]
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Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
- 1 - Marie-Madeleine Fourcade, L'arche de Noé - réseau alliance, Paris, Plon, 1998, page 310 et 311.
- 2 - Archives départementales du conseil général de la Haute-Garonne.
Maurice Georges Bézagu
(14/11/1941 - 17/11/1944) Préfet délégué de Haute-Garonne (1880-1969)
Pierre Cassagneau
(21/08/1944 - 31/12/1944) Préfet de Haute-Garonne (1887-1963)
Camille Vernet
(29/12/1944 - 04/01/1946) Préfet de Haute-Garonne (1884-1957)
Frédéric Atger
(21/09/1935 - 13/10/1940) Préfet de Haute-Garonne
Léopold Chénaux de Leyritz
(25/06/1940 - 24/01/1944) Léopold Marie Frédéric Chéneaux de Leyritz, Préfet de Haute-Garonne et préfet régional de la région de Toulouse à partir de 1941 (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1896-1970)
André Sadon
(24/01/1944 - 06/02/1944) André Paul Sadon, Préfet régional de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1891-1965)
Jean Cassou
(1944 - 1944) Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1897-1981)
Pierre Berteaux
(1944 - 1946) Pierre Félix Berteaux, Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1907-1986)
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