Ils étaient liés d’amitié avec les Einhorn, des Juifs réfugiés dans la région, à Remaucourt.
La nièce des Einhorn, Suzanne, vit à Paris. Sa mère est morte d’une méningite et son père comme son frère ont été pris dans des rafles. Se retrouvant seule, à l’âge de 18 ans, Suzanne contacte son oncle et sa tante, les Einhorn. Georges* et Lucienne Dereims* accueillent la jeune fille jusqu’en janvier 1944.
De grandes rafles ont alors lieu dans les Ardennes et Lucienne Dereims*, par précaution, préfère envoyer la jeune fille chez ses parents, Lucien* et Marie Achart*, qui habitent Lalobbe.
Quelques années plus tard, Suzanne épouse le fils des Achart*, Lucien.
Les familles Dereims et Achart ont caché d’autres familles juives pendant la guerre parmi lesquelles la famille Rona et Pal et bien sûr les Einhorn en les cachant dans leur ferme à Remaucourt, avant de leur trouver une filière pour rentrer à Paris.
Lucienne Dereims* témoigne en 1999, interviewée par Pierre Coulon, écrivain ardennais : "Ils avaient pas trop à manger, moi j’avais une grosse ferme, je leur donnais des œufs, une soupe au lait" puis "ils ont demandé pour qu’on les cache , on les a cachés... On était hardis ! On pouvait partir en Allemagne aussi, vous savez.: j’avais trois gamines. Quand on repense à tout ça ! Suzanne, je l’ai conduite chez mon père. Il disait : c’est ma petite-fille de Vouziers."
En hommage à ses arrières grands parents, Georges et Lucienne Dereims, Jérôme Lelong a participé au voyage "Mémoires de Justes", un voyage organisé par la Fondation France-Israël de petits-enfants de Justes Français en Israël, en avril 2010.
"Ce sont mes arrières grands parents, ma grand-mère ainsi que mon père qui m’ont raconté cette histoire. Je n’ai pas pris pleinement conscience de ce qui s’était passé jusqu’à la remise de la médaille de Justes. Cette médaille est une très belle récompense pour mes aïeux. Ils ont pris des risques énormes, c’est une formidable histoire humaine. J’ai hâte de découvrir Israël. C'est une grande fierté pour moi. A mes yeux c’est un pays saint, malgré la guerre et les conflits. Je pense que ce voyage va être chargé d’émotion, et que l’on va redécouvrir toute l’histoire, à travers celle des Justes. Ma grand-mère et mon père souhaitent que je leur ramène le plus de photos et d’écrits possible. Ils espèrent pouvoir se rendre en Israël à leurs tour dans quelques temps."
06/07/2008 -Le 6 juillet 2008, à la mairie de Givet (08600), remise de la médaille des Justes des Nations aux ayants droit de Marie et Lucien Achart, et Lucienne et Georges Dereims, honorés à titre posthume.
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