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Juste parmi les Nations

William Francken


dit Wim
Dossier Yad Vashem : 7840
Remise de la médaille de Juste : 27/04/1998
Sauvetage : Novel 74500 - Haute-Savoie
Type d'aide: Aide aux Juifs et passage de la frontière
Profession: Médecin
Qualité: Suisse
Date de naissance: 04/01/1889 (Rotterdam (Pays-Bas))
Date de décès: 1962
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William-Francken
Wim et Loly Francken
source photo : Fonds Francken, ACV
crédit photo : D.R.
William-Francken
Le Clou, la maison de vacances de Wim et Loly Francken
source photo : Fonds Francken, ACV
crédit photo : D.R.
William-Francken
Laure et William Francken
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
Notice

Né à Rotterdam en 1889, William Francken*, fils de médecin, passe son enfance à Menton.
Il poursuit ses études à Lausanne et devient médecin.
Naturalisé suisse, il épouse Loly Fiaux*, première femme à obtenir un diplôme d´ingénieur. Le couple s´installe à Begnins près de Nyon, dans le canton de Vaud, en 1914.
Pionnier dans la lutte contre la tuberculose, il fonde le "Pavillon de La Côte", à Gilly, premier sanatorium du le canton de Vaud.
Ils adoptent deux enfants : Paul et Jean.

Laure Francken* possède un petit chalet de vacances, "Le Clou", au-dessus du petit village de Novel, véritable balcon au-dessus du lac Léman et de Saint-Gingolph, dans les Alpes de Haute-Savoie à 960 m d'altitude. Le couple y passait ses étés avec des voisins français, Germaine Brouze* et son cousin Ernest Brouze*.

Durant la guerre, Wim*, qui soigne gratuitement les habitants du village, soutient la résistance de Haute-Savoie avec son épouse Loly Francken*.

En dépit de l’interdiction formelle de loger des Juifs, le couple Francken* non seulement ne leur ferma pas la porte de son chalet, mais, avec l’aide de Germaine Brouze* et Ernest Brouze*, leur procura souvent gîte et couvert. Le chalet fut transformé en dispensaire et en refuge.
En septembre 1942, le chalet des Vaudois, Le Clou, devint une étape pour de nombreux fugitifs.

Wim* et Loly*, avec la complicité de Germaine Brouze* et son cousin Ernest Brouze*, voisins et gardiens de la maison des Francken*, de résistants et de passeurs, aident des hommes, des femmes et des enfants à franchir la frontière par le Haut de la Morge pour gagner la Suisse, à moins d'un kilomètre du village.

Le 27 septembre 1942, ce sont une cinquantaine de réfugiés hagards, affamés, les pieds en sang, qui arrivent chez Germaine Brouze*.
Germaine* va chercher William* et Laure Francken* car parmi les réfugiés, qui parlent toutes les langues, certains ont besoin de soins, tandis qu'Ernest* leur aménage un abri de fortune dans sa grange.
Il y a là des des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards et deux bébés, Allemands, des Hongrois, des Tchèques, des Polonais, des Hollandais.
Les Juifs d'Amsterdam sont bien surpris d'entendre parler leur langue au fond de ce vallon perdu.
Ils racontent leur fuite, aidés par des curés, accueillis dans des églises, munis de faux papiers fournis par des maires...
Ils sont accueillis et soignés par Germaine Brouze*, son cousin Ernest*, Wim* et Loly Francken*.
Il faut leur faire passer la frontière, mais quatre passeurs ont été arrêtés la veille et conduit à la prison de Thonon.

La fréquence des passages au Clou augmenta au point d’alerter la police française, qui planifia une intervention. Les Francken* en eurent vent et fermèrent précipitamment leur chalet le 6 octobre 1942.
Laure* et William* décident alors de faire passer eux-mêmes la frontière à un groupe d'une dizaine de Juifs, dont ceux d'Amsterdam. Ils passent sans encombre.

Ils font passer un autre groupe, deux hommes, dont un rabbin, des femmes, des enfants et des bébés. Ils se retrouvent nez à nez avec un douanier français. L'homme, avec un fort accent alsacien leur dit : "Faites ça ! Mais faites-le avec plus de discrétion !" et il ajoute "J'aimerais mieux faire votre métier que le mien".

Ils passeront tous. Mais une fois qu'ils sont passés, les autorités suisses peuvent les refouler et les remettre aux gendarmes français.
Ce sera le sort de certains, les autres seront sauvés.

La zone montagneuse du village de Novel fut patouillée par des douaniers italiens, les Allemands ne faisant qu'une brève apparition au moment de la retraite.

Jan et Elli Friedländer, les parents de Saul Friedländer sont passés par Novel, chez les Franckel*, afin de gagner la Suisse. Laure Francken* se souvient d'un couple de Juifs Tchécoslovaques qui sont restés quelques jours au chalet. Malheureusement, refoulés de Suisse, ils seront arrêtés, envoyé au Camp Joffre à Rivesaltes, puis déportés sans retour à Auschwitz via le Camp de Drancy.
Saul Friedländer évoque le sort de ses parents dans un livre publié en France sous le titre Quand vient le souvenir.

Le 13 août 1942, les instructions de la Police suisse sont très claires concernant la fermeture des frontières et le refoulement pour tous les réfugiés civils entrant illégalement en Suisse, à l’exception des réfugiés politiques, catégorie dont sont explicitement exclus «ceux qui n’ont pris leur fuite qu’en raison de leur race, les Juifs par exemple. Ces instructions restèrent pour l’essentiel en vigueur jusqu’au 12 juillet 1944.

William* et Laure Francken* qui avaient attiré l'attention des gendarmes français, ferment "Le Clou" et rentrent chez eux à Bégnins.
Lorsque le 6 octobre 1942 les gendarmes viennent les arrêter, ils sont déjà rentrés en Suisse.

A la fin de la guerre, Laure Francken* a fait le récit de ces journées tragiques de septembre et octobre 1942 dans le Livre de bord du Clou que Micha Grin a intégré dans la biographie qu’il a consacrée au docteur Francken* et dont voici un extrait : "Autour de la fontaine, un spectacle extraordinaire s’offre à nos yeux. Une cinquantaine de misérables sont là, affalés sur des cailloux. Plusieurs ont les pieds en sang, leurs pauvres chaussures de ville n’ayant pas résisté aux pierres du col de Neuve qu’ils viennent de franchir. […] On entend toutes les langues possibles: l’allemand, le hongrois, le tchèque, le polonais, le hollandais. […] Nous leur offrons de leur faire passer la frontière. Le matin même j’ai passé sur Suisse sans encombre, entre deux tournées des douaniers. Comme elles sont régulières, selon mes renseignements du Chalet de la Morge, il suffit de choisir le bon moment. Dans une heure précisément, ce sera l’instant idéal. Une dizaine de Juifs acceptent, dont ceux d’Amsterdam mis en confiance par leur langue maternelle. Les autres se regardent avec méfiance. La vie leur a appris à terriblement se méfier. […] Je découvre toute la bande tapie derrière un buisson. […] Alors que nous nous retournons, nous nous trouvons nez à nez avec un douanier français qui contemple tranquillement la scène. "Eh bien, ça y est", pensons-nous. Et nous attendons, muets, la suite des événements. Alors le douanier secouant la tête, nous dit avec un bon accent alsacien : "Faites ça! Mais faites-le avec plus de discrétion!" Et au bout d’un moment, il ajoute : "J’aimerais mieux faire votre métier que le mien".

Un monument a été érigé à Novel à la mémoire de William Francken* et une plaque commémorative apposée à Begnins.

Honoré par Yad Vashem en 1997. Médaille remise, à titre posthume, le 27 avril 1998 à Berne.

Lien vers le Comité français pour Yad Vashem



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