Après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, le 1er septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939.
520 000 français sont évacués des zones frontalières comprises entre la ligne Maginot et l’Allemagne.
Le gouvernement décrète la mobilisation générale et l'évacuation de plus de 400 000 Alsaciens-Lorrains vers les départements du Sud-Ouest.
La 1re zone est évacuée dès septembre 1939 en Dordogne, tandis que la 2e zone entre le canal du Rhône au Rhin et l'Ill est évacuée le 19 mai 1940, après l'invasion de de la France, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas par l'Allemagne nazie le 10 mai 1940.
Rien n'était prévu pour accueillir autant de réfugiés.
Le gouvernement désemparé se replie à Bordeaux dès le 11 juin.
La France est envahie. C’est l’exode vers le sud. Le président du Conseil : Paul Reynaud, est contraint de démissionner.
Le maréchal Pétain forme alors un nouveau gouvernement.
Le 15 juin, les Allemands traversent le Rhin entre Marckolsheim et Neuf-Brisach.
Le 22 juin 1940, la France écrasée signe l'Armistice. Les Allemands mettent en place toute une série de mesures pour limiter sur le territoire la circulation des personnes et des marchandises et le trafic postal entre deux grandes zones délimitées par la ligne de démarcation qui sépare la zone libre où s’exerce l’autorité du gouvernement de Vichy, de la zone occupée par les Allemands.
La Moselle est annexée au Reich et rattachée au Gau de Sarre-Palatinat tandis que les trois autres départements de la Lorraine (Meurthe-et-Moselle, Meuse et Vosges) restent français - mais occupés par les Allemands et au surplus dans la zone interdite qui s’étend de la mer du Nord à la frontière suisse, sans qu'aucune mention spécifique n'ait été faite dans les conventions d'armistice. L'Alsace est rattachée au Gau de Bade.
Le 28 juin 1940, jour anniversaire du Traité de Versailles, le Chancelier Hitler est à Strasbourg et la ville devient le siège de l'administration allemande sous l'autorité du Gauleiter (Préfet) de Bade-Alsace, Robert Wagner (qui sera condamné à mort et fusillé en août 1946).
Le maréchal Pétain obtient les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940. La République est abolie à Vichy.
La propagande dans le Haut-Rhin s'intensifie et toute trace de la culture française doit disparaître.
Tous les dimanches, les formations politico-militaires traversent le Rhin pour défiler dans les rues des villes alsaciennes : la Hitlerjugend (jeunesse hitlérienne), la SA (Sturmabteilung : section d’assaut) , la SS (Schutzstaffel : section de protection), la NSKK (Nationalsoziolistisches Kraftfahrerkrops : association des conducteurs)...
Le 10 juillet 1940, les vacances scolaires sont fixées au 15 juillet et la date de la rentrée correspondra à celle en vigueur en Allemagne.
Le 17 juillet 1940 le Gauleiter Wagner déclare "le problème de l’Alsace n’existe plus. Le destin de l’Alsace est définitivement réglé. Le peuple alsacien parle de nouveau la langue allemande, sa langue maternelle".
Les réglementations se suivent.
Le 26 juillet 1940, la consommation de produit alimentaire est déterminée par des cartes d'alimentations. La monnaie est le Mark.
Le 27 juillet 1940, les associations sportives, à caractère confessionnel ou politique sont interdites. Pour les autres associations, elle doivent se déclarer à l'administration civile et leur nom français doit être germanisé.
Le port de décorations françaises ou étrangères est interdit, tout comme le port du béret.
Le scoutisme est interdit. Il continua de façon clandestine mais très limitée. Dans la "zone sud", les activités scoutes purent reprendre, notamment pour les jeunes Alsaciens-Lorrains qui s'y étaient réfugiés.
Une circulaire préfectorale datée du 1er août 1940 et envoyée aux maires des communes informe les 80 000 Alsaciens installés en Dordogne que "en accord avec les autorités d'occupation le rapatriement des évacués du Bas-Rhin allait commencer", chacun étant libre de partir ou de rester.
Mais le Bas-Rhin et le Haut-Rhin sont intégrés au pays de Bade sous administration allemande.
La germanisation doit gommer l'ancienne patrie. Les prénoms et les noms de famille, les inscriptions et les noms des rues à consonance française sont germanisés. Les livres en français et le drapeau national sont brûlés.
La commune est désormais régie par l’Ortsgruppenleiter (maire) nommé.
La répression allemande s’organise et les nazis créent deux camps : le Struthof, camp d’extermination et le camp de rééducation de Schirmeck.
Le RAD, Reichsarbeitsdient (service du travail du Reich) est instauré à partir de mai 1941.
Le 25 août 1942, le Gauleiter Wagner décrète l’incorporation obligatoire des Alsaciens dans la Wehrmacht (armée allemande).
Environ 130 000 Alsaciens, appelés les "Malgré Nous", sont incorporés de force dans la Wehrmacht. La plupart d’entre eux ne reviendront pas.
22 000 "Malgré Nous" sont fait prisonniers par les Russes. Ceux-ci ne font pas la différence entre Alsaciens et Allemands. Les conditions de captivités sont très dures.
Pour y échapper, des milliers de jeunes Alsaciens-Mosellans fuient vers la Suisse et la France occupée et s'engagent dans la Résistance ou les Français libres.
Ceux qui sont pris sont immédiatement fusillés comme déserteurs. Les insoumis sont internés et déportés dans les camps de Schirmeck et du Struthof et leurs familles déportées en Allemagne et leurs biens saisis, en représailles.
Comme un peu partout, après l'entrée en guerre de la Russie, les communistes s'étaient regroupés en Alsace pour organiser la résistance. Dès 1941, on tenta de remettre sur pied en Alsace le parti communiste ; c'est lui qui publia le premier et peut-être le seul journal clandestin, L'Humanité écrit en allemand et répandu surtout parmi les mineurs des environs de Mulhouse et de Rouffach. Il eut 18 numéros
Auguste Sontag1 et Eugène Boeglin, instituteurs, mettent sur pied un réseau très structuré, ayant pour mission d'aider les familles des clandestins, et participé à la rédaction du journal de lutte clandestine contre le fascisme, "L'Humanité d'Alsace Lorraine". Sous leur impulsion et leur autorité furent mises sur pied des équipes de jeunes patriotes.
La Gestapo veille et remonte la filière en partant de Strasbourg.
Quand il apprend qu'il est recherché par les nazis, Auguste enseignait en Allemagne, à Waldshut près du Lac de Constance. Des douaniers allemands lui proposent de le faire passer en Suisse, mais Auguste préfère revenir en Alsace pour continuer la lutte avec ses camarades. Il est arrêté à son domicile, 35 rue du Mal Joffre à Wintzenheim, le lundi de Pentecôte 25 mai 1942 en fin d'après-midi. Sont arrêtés vers la même époque : Émile Minéry, cordonnier de Réguisheim, Ernest Korb, mineur de Réguisheim, Eugène Boeglin de Wintzenheim, Adolphe Murbach de Sundhoffen, et René Birr de Réguisheim. Tous ont, selon l'occupant, participé à un complot contre la sécurité de l'État. Emprisonnés pendant quelques jours à Colmar et à Strasbourg, ils sont transférés au camp de Schirmeck jusqu'en novembre, puis enfermés à la prison de Buhl (pays de Bade).
Le groupe cesse son activité dès l'arrestation d'Auguste Sontag le 25 mai 1942.
Les rafles se multiplient, et ce sont 33 Alsaciens qui seront déférés devant un tribunal du peuple, le "Volksgerichtshof2.
Le premier juin 1943, trois jours après la constitution sur le territoire français du Conseil National de la Résistance3, quatre résistants haut-rhinois du réseau Georges Wodli4, accusés de "haute trahison envers le IIIe Reich", furent décapités à la hache par les nazis. Tous les quatre étaient des dirigeants communistes : Adolphe Murbach, 40 ans, menuisier de Colmar, originaire de Sundhoffen, Eugène Boeglin, 36 ans, d'Obermichelbach et Auguste Sontag, 27 ans, instituteurs de Wintzenheim, et René Birr, 20 ans, cheminot de Réguisheim.
Le 29 juin, quatre autres responsables communistes connaissent le même sort. Il s'agit de Édouard Schwartz de Lutterbach, Marcel Stoessel et Alphonse Kuntz de Mulhouse, et René Kern de Niedermorschwihr.
Plus de 300 communistes alsaciens, dont 180 du Haut-Rhin, furent internés dans le sinistre camp de Schirmeck.
Si vous connaissez des lieux de sauvetage dans le département, merci de nous les signaler par mail.
Familles hébergées, cachées ou sauvées du Haut-Rhin[Compléter]
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes hébergées, sauvées ou cachées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, leur date de naissance, les circonstances du sauvetage, si possible.
2 Familles arrêtées dans le département [Compléter]
Mulhouse 1941Famille Arnold - M. Arnold son épouse, Emma, née à Strasbourg le 17 avril 1898, tisserande, et leur fille, née en 1930 à Husseren-Wesserling, s'installent à Mulhouse en 1933. Ils deviennent témoins de Jéhovah. En juin 1940, après l’occupation allemande, la Gestapo arrête M. Arnold en 1941 parce que témoin de Jéhovah, puis sa fille en 1943. Emma sera arrêtée en septembre 1943 à Strasbourg. Envoyée dans le camp de Vorbruck-Schirmeck (Alsace), puis dans le camp annexe de Gaggenau en 1944. Elle est ensuite envoyée pour travailler comme domestique chez une famille SS. Emma, libérée par l’armée française en 1945, retourna en France où elle retrouva son mari et sa fille.5
Rouffach 03/1943Famille Alpern - Maurice, né à Mannheim (Allemagne) le 24 mars 1909, est arrêté parce que Juif et déporté sans retour vers Majdanek le 4 mars 1943 par le convoi n° 50. Son épouse, Jeanne, sera déportée sans retour le 7 décembre 1943 par le convoi n° 64 vers Auschwitz.(convoi no 50 )
22/06/1940 -L'armistice met fin aux combats. L'Alsace est occupée par l'Allemagne nazie. L'administration civile de l'Alsace est confiée au Gauleiter de Bade-Alsace, Robert Wagner, avec pour mission de gagner en une décennie la population alsacienne à la cause du national-socialisme. 13/07/1940 -Le Gauleiter Robert Wagner décide d'expulser les Juifs restés en Alsace, et de confisquer tous leurs biens, intérêts et droits au profit de l'État. 14/07/1940 -Les Alsaciens non Juifs sont autorisés à rentrer chez eux. 29/07/1941 -L'allemand devient la langue obligatoire en Alsace-Lorraine. 07/05/1945 -Le général Jodl et l'amiral Freideburg signent la capitulation sans condition au quartier général d'Eisenhower à Reims, en présence de représentants britanniques, français, américains et soviétiques. La reddition entrera en vigueur le 8 mai à minuit.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Paul Ernest dit Paul Bourson Farouche opposant au régime nazi, Exposé2 pages,
réalisation 2011 Auteur :
Alain LAPLACE
- terminal
Article extrait d'une étude généalogique sur la famille BOURSON de Vigy (Moselle) et alliés (http://majoresorum.eklablog.com)
- 1 - Auguste Sontag est né le 28 septembre 1915 à Wintzenheim, dans une famille républicaine antifasciste, éprise de justice. Son père, Laurent Sontag, fondeur chez Haren, était très estimé par toute la population. Auguste Sontag, admis à l'École Normale des Instituteurs de Colmar, fut nommé successivement à Réguisheim puis à Ensisheim.
- 2 - Le Volksgerichtshof, tribunal populaire, avait été créé le 24 avril 1934 par Hitler pour anéantir les derniers noyaux de résistance en Allemagne et combattre les communistes (et notamment le parti d'Ernest Thaelmann). Composé de 2 juges de carrière et de 3 assesseurs honoraires non juristes nommés par le Führer, il prononçait des jugements sans appel.
- 3 - Le 27 mai 1943, face à la France occupée, fut créé le Conseil National de la Résistance, présidé par Jean Moulin. Ce Conseil avait pour but de rassembler et de coordonner toutes les actions pour libérer la France. Au sein de ce conseil, toutes les sensibilités étaient représentées : gaullistes, chrétiens, socialistes, communistes.
- 4 - Georges Wodli : cheminot strasbourgeois, membre du comité central du PCF. Arrêté le 30 octobre 1942 par la police de Pétain et livré à la Gestapo. Il fut assassiné par celle-ci le 2 avril 1943 dans les caves de la rue Sellenick à Strasbourg.
- 5 - Source www.ushmm.org et Ephéméride de la shoah.
Charles Blondel
(10/1944 - 06/1945) Commissaire régional de la République pour la région de Strasbourg (Bas-Rhin et Haut-Rhin)
Émile Bollaert
(11/1945 - 1947) Commissaire régional de la République pour la région de Strasbourg (Bas-Rhin et Haut-Rhin). Arrêté et déporté en Allemagne en 1944, il est désigné commissaire de la République à Strasbourg après son rapatriement (1890-1978)
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