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Annexe du camp de Drancy

Hôpital Rothschild
durant la Seconde Guerre mondiale

Texte pour ecartement lateral Commune : 75012 Paris 75012
- Paris

Période d'activité: 12/1941 - 18/08/1944
Capacité: 340 lits
Population internée: Lieu d'internement provisoire où on enverra les malades du camps de Drancy

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Histoire

L’Hôpital Rothschild pendant la guerre

En 1852 la Fondation Rothschild est à l’origine d’un hôpital reconnu d’utilité publique dès 1886. Au cours des années qui suivent il prend rapidement de l’importance et tout un complexe se constitue autour : c’est d’abord un dispensaire qui ouvre près des bâtiments de l’hôpital puis un hospice, une maternité et un orphelinat.
L’hôpital de la rue Santerre est inauguré en 1914, il dispose de 340 lits en 1937. Les soins s’y organisent avec l’ouverture de plusieurs services.

Lors de la déclaration de guerre en septembre 1939 l’hôpital est partiellement fermé ; au cours de l’année 1940 des services sont à nouveau ouverts, certains avant même l’armistice, c’est le cas de la maternité qui fonctionne dès février 1940 mais il faut attendre novembre pour que le service de médecine générale accueille des malades.
L’hospice a été réquisitionné pour abriter les pompiers en cas de bombardement : aussi les vieillards sont déplacés à Guipy dans la Nièvre pendant que les orphelins de la rue Lamblardie vont à Berck dans un hôtel appartenant à la baronne Alexandrine de Rothschild ; des malades sont installés dans le sanatorium de Hauteville.

Avec l’occupation, les Rothschild sont déchus de leur nationalité, la majorité de leurs biens mis sous séquestre et saisis. Cependant ce ne fut pas le cas de la Fondation qui put poursuivre ses activités (en partie seulement) à la suite d’un conflit entre Vichy et les Allemands et qui ne fut mise sous tutelle de l’UGIF que le 19 juin 1944. Mais dès l’été 40 les établissements parisiens de la Fondation sont privés du soutien financier de la Banque Rothschild.

Mais, à la suite des premières rafles parisiennes, notamment "la rafle du billet vert", le Camp de Drancy reçoit, à partir du 20 août 1941, 4320 hommes juifs raflés dans Paris ; certains d’entre eux sont malades : ils quittent momentanément Drancy, sont transférés à l’Hôpital Tenon puis à partir de décembre 1941 à l’Hôpital Rothschild. La Préfecture de Police et les Affaires sociales de la Seine y réquisitionnent deux pavillons et deux services, la médecine avec le docteur Worms et la chirurgie avec le docteur Hertz.
Y sont également hospitalisés des résistants torturés par la Gestapo ainsi que des détenus des Tourelles. En cette fin 1941, l’Hôpital est entouré de barbelés et surveillé par la police française.
Le nouveau directeur Samy Halfon dispose d’un budget qui est divisé par 5 ; il fait fonctionner les services restants très difficilement. Le décret du 11 juin 1941 instaure un numerus clausus pour les médecins juifs ; ceux qui sont exclus ne peuvent travailler qu’à la Fondation Rothschild. Quand Samy Halfon proteste en 1942 contre l’exigence de Dannecker "un retour à Drancy de 60% des malades internés", il est arrêté, interné au Camp de Compiègne Royallieu d’où il parvient à s’évader.
Le personnel d’origine reste en partie en place et cherche tous les moyens qui peuvent éviter aux malades qui arrivent dans leurs services un enfermement à Drancy et une déportation. Le personnel se divise cependant en deux, ceux qui veulent garder tous les internés et ceux qui veulent refuser toutes les prolongations et les renvoyer à Drancy. Des conflits se font jour.
Mais au cours de cette année 1942, les exigences des occupants s’accentuent, ainsi, en mai les familles des détenus ne peuvent plus venir voir les malades ; des dissensions divisent le personnel pris en tenaille entre les ordres allemands et l’aide à apporter aux prisonniers. Les évasions de détenus accentuent les menaces sur les médecins et les infirmières. Pour aider les internés hospitalisés, certains médecins font de faux diagnostics, truquent des radios, inventent de longues suites opératoires et font même parfois des opérations superflues pour garder certains de ceux qui risquaient la déportation ; ce fut le cas pour Paulette Sliwka Sarcey.
Au début de 1942, le Dr Walther obtient avec Samy Halfon que les mères restent 6 mois pour allaiter leurs nouveau-nés. De faux certificats de décès permettent parfois de sortir les plus âgés, ainsi le Docteur Leibovici est évacué par la morgue. Des nouveaux-nés venus au jour lors du séjour de leur mère sont bâillonnés pour étouffer leurs cris et transportés dans des paniers à linge vers la sortie.

Mais il y a aussi à la Fondation des salariés non juifs, ils sont 214 en mai 1943, et certains dénoncent, ainsi une lettre est envoyée le 31 août au commandant de Drancy.
Parallèlement, un réseau de résistance se met en place notamment autour de Claire Heyman et de Maria Errazuriz* qui font de faux papiers, de faux certificats de baptême, cachent des enfants dans des couvents avec l’OSE, la 6ème ou les EIF.

En 1943, la répression s’accentue encore, Aloïs Brunner multiplie les rafles et considère les bâtiments de la Fondation comme des camps d’internement, le camp Picpus et le camp Lamblardie [[à propos http://www.ajpn.org/internement-Hospice-de-la-rue-Lamblardie-264.html] ] ; l’hôpital devient une prison, les policiers qui le gardaient sont chassés et A. Brunner engage une société de surveillance à la charge de l’hôpital. Brunner multiplie les rafles, en juillet, le 5, des mères sont déportées, puis de vieillards le 29, des malades et des enfants le 11 novembre…Il s’agit souvent de compléter un convoi pour Auschwitz.

En 1944, les autorités allemandes prennent le contrôle total de la Fondation : tous les juifs de Paris, malades et personnel hospitalier, doivent y être regroupés tandis que tout le personnel non juif doit partir. En avril l’hôpital est entouré de barbelés, le personnel est fouillé à l’entrée et à la sortie il est considéré comme détenu. Les établissements des rues Lamblardie et Picpus deviennent des annexes de Drancy. Les détenus juifs d’Aurigny (île anglo-normande) y arrivent en mai 1944.

Au cours des combats pour la Libération de Paris, l’Hôpital Rothschild est libéré dès le 18 août 1944 par les FFI. C’est également le 18 août que le camp de Drancy passe sous contrôle de la Croix-Rouge.

12/08/2011
Auteur : Anne Pasques Lien : Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah

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1 Famille internée - Hôpital Rothschild [Ajouter une famille]

Famille Daguet : 
Nationalité Française
Gilberte Daguet, née Torres, et ses filles Claude, 11 ans et Josette, 4 ans, sont arrêtées parce que juives le 10 janvier 1944 par des soldats allemands et internées à la Prison Jules-Ferry de Libourne. Les deux fillette seront sauvées sur présentation de leurs certificats de baptême présenté par leur père, non juif. Gilberte est transférée au Camp de Drancy puis à l'Hôpital Rothschild, où elle restera jusqu'à la Libération.
Arrivée au lieu d'internement : 1944

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Centre d'études tsiganes (Bibliographie )
2 Enfants juifs déportés de France (Brochure éditée par les Fils et filles de déportés juifs de France et la Mairie de Paris en mars 2007.
Préface de Serge Klarsfeld : En France, en 1940, il y avait environ 70 000 Juifs de moins de 18 ans. Sur ce nombre, 11 400 ont été arrêtés - la plupart par la police de Vichy -, déportés à Auschwitz et assassinés, à l'exception d'environ 200 d'entre eux; presque tous des adolescents. Parmi les communautés juives importantes en Europe, celle de France a connu le pourcentage le plus important d'enfants sauvés : 84 %, c'est exceptionnel. On le doit essentiellement à la sympathie agissante de la population non juive qui a soutenu les efforts des familles et des organisations juives qui essayaient de sauver les enfants en priorité. Laïcs et religieux ont su tendre la main à la fois par compassion et pour que la France ne perde pas son âme. )
3 Juifs en psychiatrie sous l'Occupation. L'hospitalisation des Juifs en psychiatrie sous Vichy dans le département de la Seine (Par une recherche approfondie des archives hospitalières et départementales de la Seine, l'auteur opère une approche critique des dossiers concernant des personnes de confession juive internées à titre médical, parfois simplement préventif dans le contexte des risques et des suspicions propres à cette période. La pénurie alimentaire est confirmée, influant nettement sur la morbidité. Ce premier travail sera complété par un examen aussi exhaustif que possible des documents conservés pour amener une conclusion. )
4 Héros de Goussainville - ROMANET André (Héros de Goussainville - Page ROMANET André )
5 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
6 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
7 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
8 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )

Chronologie [Ajouter]

7/04/1942 - François Molet, fusillé le 7 avril 1942 au Mont Valérien ( les Nazis) né le 14 mars 1905 à Beaurevoir aisneMont-Valérien France
12/04/1939 - Décret du 12 avril 1939 sur la création des CTE (Compagnies de Travailleurs Étrangers).
14/06/1940 - La Wehrmacht fait son entrée dans Paris.
27/09/1940 - Loi du 27 septembre 1940 sur la création des GTE (Groupements des Travailleurs Étrangers).
10/1940 - Le recensement effectué par les services de la préfecture de Police de la Seine (réparti aujourd'hui entre Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), dénombre 149 734 hommes, femmes et enfants juifs, dont 64 070 Juifs de nationalité étrangère.
19/10/1940 - Le Préfet de Police ordonne d’apposer la mention "juif" à l’encre rouge sur les cartes d’identité des Juifs résidant en zone occupée.
22/02/1941 - Décret du 22 février 1941 sur les sanctions à appliquer dans les GTE (Groupements des Travailleurs Étrangers).
14/05/1941 - Première grande rafle de Juifs à Paris: 3 710 personnes sont envoyées dans les camps du Loiret, à Pithiviers et à Beaune-la-Rolande.
20/08/1941 - Ouverture du camp de Drancy en région parisienne
29/11/1941 - Loi française instituant l’Union Générale des Israélites de France (UGIF). Elle regroupe obligatoirement toutes les associations culturelles et cultuelles.
12/12/1941 - Rafle dite des notables à Paris, 700 Juifs sont arrêtés.
29/05/1942 - Ordonnance allemande instituant le port de l’étoile jaune aux Juifs de plus de 6 ans, en zone occupée.
16/07/1942 - 16 et 17 juillet 1942, la rafle du Vel’ d’Hiv’ à Paris et dans son agglomération, le "Jeudi noir" comme l’appelle les Juifs, l’opération "Vent printanier" selon le code allemand, visant les familles juives étrangères. 13.000 arrestations dont 4 000 enfants.
17/08/1942 - 997 juifs, en majorité d’origine polonaise, sont déportés de Paris au camp d’extermination d’Auschwitz pour y être gazés. 21 enfants de moins de quatre ans figurent parmi les déportés.
20/08/1942 - Du 20 au 25 août, arrestations massives de Juifs étrangers à Paris. 4 232 hommes sont internés à Drancy par la police française, à la demande des Allemands.
14/07/1943 - Bombardements aériens alliés sur la Région Parisienne.
02/11/1945 - Ordonnance du 2 novembre 1945 sur la dissolution des GTE (Groupements de Travailleurs Étrangers).

Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]

En savoir plus…

Etoile jaune: le silence du consistoire centrale , Mémoire ou thèse 7 pages, réalisation 2013
Auteur : Thierry Noël-Guitelman - terminal
Lorsque la 8e ordonnance allemande du 29 mai 1942 instaure l'étoile jaune en zone occupée, on peut s'attendre à la réaction du consistoire central. Cette étape ignoble de la répression antisémite succédait aux statuts des juifs d'octobre 1940 et juin 1941, aux recensements, aux rafles, aux décisions allemandes d'élimination des juifs de la vie économique, et au premier convoi de déportés pour Auschwitz du 27 mars 1942, le consistoire centrale ne protesta pas.


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Paris

Région :
Île-de-France
Département :
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Achille Villey-Desmeserets
(1934 - 1940) Achille Joseph Henri Villey-Desmeserets, Préfet de la Seine (1878-1953)
Charles Paul Magny
(13/10/1940 - 19/08/1942) Préfet de la Seine (1884-1945)
François Bard
(14/05/1941 - 01/06/1942) Amiral François Marc Alphonse Bard, Préfet de police de la Seine (1889-1944)
Amédée Bussière
(01/06/1942 - 19/08/1944) Préfet de police de la Seine lors de la rafle du Vél d’Hiv (1886-1953)
René Bouffet
(19/08/1942 - 19/08/1944) Préfet de la Seine. Arrêté et révoqué par la Résistance le 19 août 1944 (1896-1945)
Marcel Pierre Flouret
(1944 - 1946) Préfet de la Seine (1892-1971)
Charles Léon Luizet
(1944 - 1947) Préfet de police de la Seine (1903-1947)

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