Germaine Collardey* vivait avec son mari, ingénieur des mines, et ses enfants à Saint-Léonard-de-Noblat, une commune située en zone libre dans le Limousin, non loin de la frontière avec la zone occupée.
Germaine* et son mari André se lièrent d’amitié avec un jeune juif allemand en exil : Henri Tenenbaum.
Germaine* procura son aide pour faire venir l’épouse d’Henri, Charlotte et leur fille, Jacqueline, née en 1941. Charlotte Tenenbaum et Jacqueline parvinrent à quitter Paris et à atteindre la ligne de démarcation en juillet 1942. Charlotte avait eu recours à un contact parisien anonyme, "Anjou 60 15", qui lui a fourni une escorte policière à la gare.
Quelques mois passèrent durant lesquels Germaine*, surnommée "Irma", et Charlotte, dite "Lotte", se fréquentèrent régulièrement et devinrent rapidement inséparables.
Mais la milice, puis les Allemands, organisèrent des rafles à Saint-Léonard.
En novembre 1942, les Allemands occupèrent la zone sud.
Après plusieurs recherches infructueuses, Germaine Collardey* parvint à placer les Tenenbaum en lieu sûr, dans plusieurs fermes isolées de cette région vallonnée du limousin. Jacqueline fut quant à elle hébergée chez des fermiers qui résidèrent à une dizaine de kilomètres de là, au hameau de Pert, sur la commune de Champnétery.
"Personne n'était au courant du séjour [de Jacqueline] à Pert. Elle ne pouvait ni sortir ni jouer avec les autres enfants. Souvent enfermée et séparée de sa mère, cette enfant a beaucoup souffert (...) Je l'avais conduite dans une ferme, chez d'honorables cultivateurs qui ont bien voulu s'en charger, à leurs risques et périls (...) Ils ignoraient même le véritable nom de famille de cette petite fille (...) mais ils étaient au courant de son origine juive (...)" Madame Germaine Collardey*, le 25 janvier 1969.
Malgré la distance, Germaine* rendait visite régulièrement à la fillette et s'occupait de lui trouver un médecin lorsque celle-ci était malade, restant au chevet de l'enfant jusqu'à sa guérison. Jacqueline restera deux ans à la ferme.
En juin 1944, les fermiers, pris de panique, demandèrent à Germaine Collardey* de reprendre l'enfant.
Il fut convenu que la fermière conduirait Jacqueline à l'entrée d'une scierie sur la route des mines de Saint-Léonard. Germaine Collardey* et Charlotte Tenenbaum se trouvaient là pour accueillir la petite Jacqueline.
Les Allemands firent une descente dans la scierie et les trois femmes et l'enfant furent en grand danger. Charlotte Tenenbaum réussit à se cacher tandis que Germaine* se sauva à bicyclette avec la petite Jacqueline vers le village de Suzol et la confia à la famille Biojou, des résistants qui avaient plus d'une fois cachés des Juifs.
A la Libération, Germaine Collardey* accueilli Charlotte Tenenbaum et sa famille dans sa maison de Nogent-sur-Marne jusqu'à ce que Charlotte et Henri trouvent travail et logement. Charlotte sera professeur d’allemand, langue qu’elle aime avec passion, malgré le souvenir de l’oppression nazie. Henri deviendra ingénieur à EDF. Jacqueline choisira de vivre en France, pays où elle a été élevée. Elle exercera en tant que chirurgien dentaire, avant de se tourner plus tard vers l’écriture de scénarios.
"La Cour Suprême d'Israël a attribué le titre de "Juste parmi les Nations" à Germaine Collardey*. Les décorations ont moins d'importance que les actes (...). Quand Germaine Collardey* a pris dans ses bras le bébé que j'étais pour la sauver de la barbarie nazie, l'idée d'une récompense n'a certainement pas effleuré son esprit (...). La solidarité, la générosité de Germaine Collardey* sont pour nous, au-delà de la mort, un message de vie et d'espoir." Jacqueline Tenenbaum épouse Recoing.
L’arrière grand-mère de Pierre, Madame Germaine Collardey*, habitait à Saint-Léonard-de-Noblat, une commune située en zone libre dans le Limousin, non loin de la frontière avec la zone occupée. Elle et son mari André se lièrent d’amitié avec un jeune juif allemand en exil : Henri Tenenbaum.
Pierre Collardey a participé au voyage "Mémoires de Justes", un voyage organisé par la Fondation France-Israël de petits-enfants de Justes Français en Israël, en avril 2010.
Mon arrière grand-mère ne souhaitait pas recevoir de distinction particulière car ce qu’elle avait fait lui semblait être tout à fait normal. Elle a finalement accepté de raconter cet épisode de son histoire car elle était contente de le partager, et surtout, très heureuse à l’idée de revoir Lotte et la famille de Jacqueline Recoing. Charlotte Tenenbaum, Jacqueline et son mari Jean ont assisté à la fête d’anniversaire des 90 ans de Germaine*. Jacqueline a lu en présence de Germaine*, de Lotte, et la famille Collardey, une lettre émouvante qui commence par ses mots : "Tous les héros ne sont pas des soldats". Les deux familles sont toujours en contact. Récemment, j’ai assisté à la lecture d’une pièce de théâtre écrite par Jacqueline qui fait revivre cette histoire par la fiction. J’ai la chance de bénéficier d’un travail remarquable impulsé par mon père, qui a consigné, croisé avec l’Histoire les souvenirs de Mamie, et qui a plus tard recueilli le témoignage de la vie de cette femme incroyable qu’était Lotte Tenembaum. Ce récit se nomme "ANJOU 60 15". Je suis très fier des actes accomplis par mon arrière grand-mère et de l’humilité dont elle a toujours fait preuve. C’est un honneur de pouvoir participer au voyage "Mémoires de Justes" pour la représenter.
Ceci sera mon premier voyage en Israël, un pays qui m’intrigue pour diverses raisons et que je suis heureux de pouvoir comprendre et connaître davantage.
Chronologie[Ajouter]
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Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Pierre-Joseph-Faustin Combes
(16/07/1939 - 17/07/1939) Préfet de Haute-Vienne
Pierre-Amédée-Guillaume Ducombeau
(17/07/1939 - 17/09/1940) Préfet de Haute-Vienne
François Bard
(17/09/1940 - 14/05/1941) Préfet de Haute-Vienne (01/12/1889 à Saint-Étienne (Loire)-01/04/1944 à Berne (Suisse)). Remis à la disposition du secrétaire d’État à la Marine (1er juin 1942). Ambassadeur de France à Berne (Suisse). Mort des suites d'un accident en fonction. La commission d’épuration du ministère de l’Intérieur propose sa révocation avec pension le 14 mars 1945. (Source : SFHP, Société française d'histoire de la police, Notice biographique François Bard.)
Perier de Féréal
(16/06/1941 - 09/1944) Préfet de Haute-Vienne
Pierre Berger
(18/06/1941 - 28/04/1942) Pierre Jean Berger, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Jean-Albert Popinaud
(06/12/1941 - 08/01/1943) Préfet délégué de Haute-Vienne
Antoine Lemoine
(01/05/1942 - 1943) Antoine Jean Marcel Lemoine, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Jean Laporte
(1942 - 1944) Préfet délégué à Limoges, résistant, né en 1909
René Rivière
(16/01/1943 - 11/09/1943) René Édouard Rivière, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Louis François Marie Tuaillon
(11/02/1943 - 10/03/1943) Préfet délégué de Haute-Vienne
André Jean-Faure
(13/04/1943 - 15/06/1943) André Jacques Marie Jean-Faure, Préfet régional délégué
Marc Freund-Valade
(11/09/1943 - 10/05/1944) Marc Paul Freund dit Freund-Valade, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Chérif Mécheri
(06/02/1944 - 1944) Préfet délégué de Haute-Vienne
André Fourcade
(10/05/1944 - 06/1944) André Fourcade dit Vergnaud, Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne), arrêté par la Gestapo en juin 1944, fusillé à Buzet-sur-le-Tarn le 17 août 1944
Jean Chaintron
(18/09/1944 - 14/01/1947) Préfet de Haute-Vienne
Pierre Boursicot
(23/10/1944 - 1946) Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
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